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AUDIO ROOM présente des créations d’artistes utilisant le son comme matériau. Plasticiens ou musiciens – on ne sait trop – ayant digéré les influences de la musique contemporaine et électroacoustique, ils proposent autre chose, tantôt sous forme de concerts, de performances, tantôt sous forme d’installations.
Ces productions, peu adaptées à la diffusion dans les clubs et dans les salles de concert traditionnelles, plus proches des pratiques sonores et musicales entrant dans le champ de l’art contemporain, nécessitent de développer une autre forme de diffusion, plus intimiste. C’est ce constat qui a fait naître les rendez-vous AUDIO ROOM.
AUDIO ROOM, c’est un itinéraire qui permet au public de vivre de nouvelles expériences sonores et d’approcher différents mouvements de la branche expérimentale de la musique électronique d’aujourd’hui, aussi appelée électronica :
- Le glitch avec Christophe Bailleau. Ce mouvement vise l’effacement de la ligne entre bruit et musique, entre mélodie et rythme, entre audible et inaudible. Les artistes utilisent des sons associés à des erreurs de montage sonore, tels que des clics, des sautillements ou des grésillements. Ils exploitent à l’extrême les techniques de copier-coller, découpant au hasard des échantillons sonores pour recréer de nouvelles mélodies. Ce mouvement est représenté par des artistes comme Oval ou Pan Sonic et a même inspiré certains artistes du mouvement post-rock dans leurs compositions tels que Tortoise ou Jim O’Rourke.
- L’Intelligent Dance Music avec V_S Price, une frange de la musique électronique qui, même si elle est très rythmée, n’a pas pour but de faire danser et se prête à une diffusion au calme. Cette IDM a gardé les qualités hypnotiques propres à la scène techno mais valorise davantage l’expérimentation et la recherche et inclut des éléments à tendance bruitiste. L’IDM a longtemps été associée au label Warp et à une de ses figures de proue, Aphex Twin.
- La musique minimaliste, poussée à son extrême limite par Richard Chartier, héritière de Steve Reich, Philip Glass, John Adams ou Terry Riley.
- La musique construite à partir d’enregistrements de sons concrets et de drones de Heller et de Sawako Kato, héritière de la musique concrète initiée par Pierre Schaeffer, de la musique électroacoustique et de la musique ambiant de Brian Eno.
Cette musique de laptops n’est absolument pas spectaculaire. Il n’y a rien à voir mais tout à écouter. Le public est donc invité à tendre l’oreille d’une manière plus attentive et soutenue qu’habituellement, en étant plongé dans l’obscurité, en fermant les yeux ou en écoutant au casque.